Voila pourquoi il faut acheter de l’or!

Vous vous rappelez la dernière fois où l’or a dépassé les 2 000 $ l’once ou 80 le prix du gramme d’or ? Jamais l’or n’est passé au-dessus des 2 000 $, vous dites-vous peut-être. Eh bien si ! Revenons en 1971. L’or se vend 35 $. Mais Nixon brise les liens du métal jaune avec le dollar, et le cours commence à grimper. En 1975, il en est à 196 $. En 1980, on frôle les 850 $.
Seulement voilà : à l’époque, on pouvait également gagner l’équivalent de 27 000 $ par an… et vivre comme quelqu’un gagnant 100 000 $ aujourd’hui. On pouvait acheter 50 000 $ une maison qui en vaut 250 000 $ aujourd’hui. Avec 270 000 $ sur votre compte-épargne, vous pouviez prendre votre retraite avec l’équivalent d’un million de dollars actuels.

Comparer les cours de l’or autrefois à ceux d’aujourd’hui, c’est comme comparer des pommes et des pintades. Si l’on calcule le cours en dollars actuels, l’or qui était à 196 $ en 1975 passe à 750 $. Quant au cours de l’or en 1980 — lorsque le métal jaune a atteint son sommet à 850 $ — il est à 2 176 $. Et ça, c’est juste ce qu’on obtient en utilisant les chiffres conservateurs de la Fed.

L’or à 38 349 $ l’once !

Les États-Unis ont 8 180 tonnes d’or — soit près de 261,7 millions d’onces — dans leurs réserves. Combien de dollars peut-on acheter avec autant d’or ? Eh bien, en 1980, pour chaque once d’or aux États-Unis, le système financier faisait circuler 6 966 $. Cela fait un total de 1 800 milliards de dollars. A la fin 2005, le total réel de la masse monétaire américaine a dépassé les 10 000 milliards de dollars.

Cela fait 38 349 $ en circulation pour chaque once d’or en réserve ! Bien entendu, on ne verra jamais l’or atteindre un tel prix.

Tout comme vous n’entendrez plus jamais — depuis le 23 mars 2006 — la Réserve fédérale américaine révéler la taille réelle de la masse monétaire américaine. Les chiffres sont si embarrassants que la Fed a annoncé qu’elle les « retirait » des futures déclarations !

Heureusement, vous n’avez pas besoin de l’aide de politiciens pour avoir une véritable idée de ce qui est en train de se produire.

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Créateurs de rêves

Que les futures mariées se rassurent. À voir le nombre de créateurs et couturiers qui s’intéressent au créneau, elles ont toutes les chances de trouver la robe de leurs rêves.
Costantino & Ravaillac

mariee

L’un, Stefano Costantino Morana, est originaire de la région de Venise, où il a vu le jour il y a quarante ans. L’autre, Pascual Diaz de Ravaillac, est né voici trente-quatre ans à Alicante, en Espagne. Le duo s’est formé dans le travail comme dans la vie en 1984, alors qu’ils dansaient à l’Opéra de Berlin. En parallèle aux entrechats, ils décident de suivre une formation au département costumes de l’Opéra. Formation qu’ils complètent dans une école de mode à Sidney, où nos compères étaient partis pour danser à l’Australian Ballet. Ils s’installent à Paris en 1992 avec la ferme intention d’entamer un nouveau parcours dans la mode. Ils commencent par la création de chaussures et de bijoux pour de grandes marques avant de tâter au prêt-à-porter pendant deux saisons, puis d’opter finalement pour la création de robes de mariée.

Leur style

Des lignes d’esprit couture inspirées par le new look, mais où tout détail ostentatoire est banni.

Leur plus : Outre la possibilité de choisir une robe de la collection avec personnalisation selon ses désirs, la cliente peut demander une étude de style spécifique établie en une semaine à partir de ce qu’elle aime, ou n’aime pas, des différents modèles présentés.

Leur plus belle création : Une robe à buste corseté en plissé soleil d’esprit années 50, avec tout un travail de dentelle lacérée, faite pour le mariage de la fille de l’ambassadeur permanent d’Arabie saoudite à l’ONU.

Leur mariée idéale : Scarlett Johansson pour Stefano et Uma Thurman pour Pascual.

Prix et adresse

De 3 000 à 12000 euros.

Où les trouver ? Sur rendez-vous à leur showroom-atelier à deux pas de la place de La République, dans le 11e arrondissement de Paris (162, rue du Temple, 3e étage, tél. :01.42.76.07.11).

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La Suisse souvent moins chère que la France

Franc suisse plus faible que l’euro, prix stables, hôtels luxueux et accessibles, pistes nombreuses et variées, stations coquettes et animées… La Suisse ne manque pas d’atouts pour séduire les Français. Comparaison.

Sommets, glaciers, chalets et petits trains : la montagne suisse est une vraie carte postale. Pourtant, elle ne séduit que 250 000 Français chaque hiver. Alors qu’ils sont 5,5 millions à dévaler les pistes de l’Hexagone. Les neiges françaises sont, il est vrai, les plus vastes et les plus variées de la planète. Elles s’étendent sur cinq massifs (six en comptant la Corse), offrent un choix de 357 stations et totalisent 118 000 ha de pentes aménagées, soit près d’un tiers du domaine skiable européen. A ce jeu des performances, la Suisse n’est toutefois pas en reste : 250 stations et 84 000 ha y sont voués à la glisse sur deux massifs, les Alpes et le Jura.

Le problème, c’est que trente ans durant, les Français se sont sentis trop pauvres pour la Confédération. Jusqu’en janvier 2002, il fallait plus de quatre de nos vieux francs pour obtenir un franc suisse. De quoi être découragé, même en sachant que la Suisse ignorait l’inflation. Depuis l’euro, on se sent plus à l’aise en passant la frontière. La monnaie européenne est plus haute que le franc suisse et les professionnels du tourisme helvètes ont bien compris l’impact psychologique de ce nouveau taux de change : depuis 2002, la plupart des documents, tarifs hôteliers ou cartes de restaurant affichent une double colonne de prix, l’une en francs suisses, l’autre en euros. En outre,  la valeur de l’euro face au franc suisse a augmenté de 20 % depuis 18 mois , souligne le directeur de Suisse Tourisme pour la France. Et comme nos prix n’ont pratiquement pas bougé depuis cinq ou six ans, la Suisse est devenue une destination très intéressante. L’essence, par exemple, y est de 30 à 40 % moins chère qu’en France. » L’hiver dernier, Odit France a réalisé pour le ministère du Tourisme une étude sur « le positionnement de l’offre française de sports d’hiver », par rapport à celle de ses voisins européens. Les coûts de l’hébergement et de la glisse ont été passés au crible. Résultat : les comparaisons avec les prix helvétiques laissent souvent pantois. « La Suisse est compétitive », résume le  directeur général d’Odit France. Fi des idées reçues.

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La déprime des éleveurs taurins andalous

miura toros

De loin, on dirait des taches noires figées dans l’herbe givrée. A l’approche de la voiture tout-terrain, certains restent couchés sur un tapis de pâquerettes, d’autres s’étirent les muscles nonchalamment sous les caresses des premiers rayons du soleil, d’autres enfin se dressent majestueusement sur leurs pattes. Leurs yeux sombres en forme de bille détaillent chaque mouvement suspect. Malgré une torpeur apparente, ils sont aux aguets. Sur ce flanc de colline, contrefort de la Sierra Morena au nord de l’Andalousie, paît la Rolls-Royce du taureau de combat espagnol, le toro Miura. C’est le plus meurtrier d’Espagne, lui qui mit fin, notamment, à la carrière du légendaire Manolete (1).

En votant la suppression de la prime accordée aux éleveurs de taureaux de corrida, le Parlement européen touche une activité contestée même en Espagne et déjà affectée par la maladie de la «langue bleue».

Durant quatre ans, ces bêtes massives et imposantes, proches des 600 kg, ne connaissent que les prairies verdoyantes, l’herbage naturel et n’ont pour camarades de jeu que les lièvres et les chevaux de race espagnole. «Jusqu’à la corrida, ils mènent une vie de pacha !» s’exclame Eduardo Miura, propriétaire avec son frère Antonio de l’élevage familial fondé en 1842. A bord de son 4 X 4, Eduardo, la cinquantaine, la peau burinée par le soleil, parcourt dès qu’il le peut ses 650 hectares de champs, où sont regroupées les 700 têtes de son cheptel dont 70 toros bravos. «Il y a encore quelques années, nous avions beaucoup plus de bêtes et de terres», confie l’éleveur en jetant un regard au-delà du vallon.

Pour cet amoureux de la nature, des taureaux et des chevaux, cela fait belle lurette que la vie prospère et paisible de l’éleveur andalou dans sa riche finca n’est plus qu’une image d’Epinal. Après avoir été touchés de plein fouet par la maladie de la vache folle, puis plus récemment par l’épidémie de la «langue bleue», les éleveurs de toros bravos se retrouvent aujourd’hui dans l’œil de mire de l’Union européenne.
De l’avis des écologistes espagnols, qui ont appuyé cette initiative, allouer des subventions aux propriétaires de taureaux de combat va à l’encontre de ce qui est stipulé dans la Convention européenne de protection des animaux d’élevage, directive 98/58/CE du Conseil. Celle-ci établit que les animaux ne doivent subir ni sévices, ni peur, ni souffrances. En outre, la suppression de la prime (24 euros par tête) permettrait de faire des économies au budget de la PAC (politique agricole commune) puisqu’elle concerne environ 12 600 toros de lidia.
Ce n’est certes pas la suppression de cette aide, somme toute modique, qui fait sortir de ses gonds Eduardo Miura, même s’il reconnaît que, pour les élevages de taille moyenne, cette mesure pourrait leur porter l’estocade. Président depuis quatre ans de l’Union des éleveurs de toros de lidia espagnols, Eduardo dénonce avant tout l’attitude de passivité du gouvernement. «Les politiciens espagnols n’ont pas le courage de défendre hors de leurs frontières la tradition de la tauromachie. Ils ont honte de cet art ancestral et se courbent devant les écologistes pour des pures raisons démagogiques», s’enflamme-t-il.
A une heure de là, plongée dans le creux des versants de la Sierra de Aracena, une douce montagne parsemée de chênes lièges, séparant l’Espagne du Portugal, se trouve la finca de Juan Pedro Domecq Solis. Considéré à l’heure actuelle comme l’un des plus importants éleveurs de taureaux de combat avec son cheptel de 1 800 bêtes et ses 2 500 hectares de terre, Don Juan Pedro fustige également cette «décision idéologique». Dans son salon cosy aux murs recouverts de photos de taureaux et d’affiches jaunies annonçant des corridas dans les arénes prestigieuses du pays, l’homme aux allures de gentleman farmer critique «la lâcheté» de l’exécutif actuel. «Cette prise de position, insolite dans l’histoire du pays, a été adoptée pour faire plaisir aux Catalans républicains et aux écologistes».

Pour cet éleveur, la fièvre catarrhale, connue sous le nom de la maladie de la «langue bleue», pour la coloration de la langue de l’animal, reste le fléau numéro un. Son élevage ainsi que 220 autres situés en Andalousie, Estrémadure et Castille, figurent toujours parmi les zones placées en quarantaine. L’an dernier, lors de la saison de tauromachie, il a dû annuler les commandes de cinq grandes plazas de toros dont celles de Nîmes et d’Arles, à la suite du refus des autorités françaises d’importer des taureaux espagnols à la feria, de crainte que l’épidémie ne se propage. Une mesure qui représenta un manque à gagner énorme, sachant qu’une bête Miura ou Domecq se vend aux représentants des ferias ou des arènes entre 6 000 et 12 000 euros. «Ce n’est pas les 30 euros que vaut une vache à viande qui nous fait vivre. Les bénéfices viennent de la vente de la centaine de taureaux de combat que nous réalisons chaque année», commente Don Juan Pedro. toros de lidia «Le marché des éleveurs de est à l’heure actuelle au bord de la saturation» bénéficiant pour certains des aides allouées par la Communauté européenne. Les 5 000 fêtes populaires taurines, lâchers de taureaux dans les rues, et les 2 000 spectacles de corridas célébrés par an dans le pays leur ont fait croire qu’ils pouvaient faire fortune. C’était évidemment avant que ne frappent les épidémies et la décision de l’Union européenne.

(1) Voir Manolete, le calife foudroyé, Anne Plantagenet, Ramsay.

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Comment choisir son broker

Difficile de faire un choix parmi tous les brokers en ligne qui existent sur internet et de trouver le meilleur broker option binaire. Pour vous aider à choisir, nous vous donnons la liste de nos 3 brokers préférés. Ces 3 brokers d’options binaires sont régulés, ce qui est à nos yeux un énorme avantage. Votre argent est en sécurité sur ces plateformes. Ces brokers sont ceux qui nous paraissent le meilleur compromis pour les investisseurs particuliers. Ces brokers ont été retenus suites à l’ensemble des tests réalisés par notre site.

N’hésitez pas à relire nos tests complets, ou bien même le comparatif pour vous faire une meilleur idée des avantages et inconvénients de chaque broker.

Si nous devions vous recommander un unique broker, ce serait OptionWeb. Bien que la plateforme soit récente, OptionWeb est déja régulé par la CySec et par la Banque de France. C’est selon nous le broker d’option binaire le plus sérieux sur le marché actuellement. (voir la fiche ici)

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Légitimité des droits de propriété intellectuelle

Le droit de propriété

proprieteintellectuelle
Présentation

Nous avons tous un désir de possession, spécifiquement dans la société dans laquelle nous vivons actuellement. Nous avons besoin de savoir que des objets nous appartiennent, et d’en disposer comme nous l’entendons. Cet instinct de possession semble être naturel, et remonte sans doute à des temps immémoriaux. Posséder un bien matériel est donc une aspiration que nous pouvons considérer comme étant légitime au vu de notre histoire. Qu’en est-il alors de la propriété intellectuelle ? Celle-ci est sans doute en effet beaucoup moins récente, ne pouvant prendre son sens qu’à partir du moment où il est devenu possible de monétiser ce qui est issu de l’intellect.
Propriété matérielle

Comme nous l’avons vu, la propriété matérielle a une légitimité historique. Nous pouvons également considérer qu’elle a une légitimité physique, puisqu’à partir du moment où un objet matériel se trouve sur un territoire, il est relativement naturel de considérer que le maître de ce territoire est maître des objets physiques qui se trouvent en son sein. Par ailleurs, il est facile de concevoir qu’un objet palpable, que l’on détient, que l’on peut donner, que l’on peut vendre ou troquer ne puisse qu’appartenir à une personne. Un objet commence donc par appartenir à son créateur, qui en disposera à sa convenance. Si jamais le créateur décide de s’en séparer, non seulement l’objet ne lui appartiendra plus, mais il n’en disposera plus à sa guise. Sans doute l’objet quittera-t’il d’ailleurs son ancien territoire pour rejoindre celui du nouveau propriétaire. Ce processus est reconnu, et revêt un caractère tangible qui le rend aisé à appréhender. Nous pouvons alors nous poser la question de la pertinence de cette approche en ce qui concerne tout ce qui est issu de l’esprit.

Propriété intellectuelle

Autant nous sommes capables de créer des objets matériels, autant l’être humain a aussi la capacité de créations de l’esprit. Pour que cette création soit accessible durablement à son prochain, elle doit être liée à un support matériel que ce soit du papier, un disque ou autre. Un discours prononcé ou une chanson chantée devant un public sont également des objets issus de l’intellect, mais en l’absence de support matériel (transcription, enregistrement) leur diffusion sera plus difficile, voire impossible.

Sans support matériel

Nous pouvons donc constater que sans le concours d’un support matériel, tout ce qui est issu de l’esprit a un caractère extrêmement volatile qui le rend inadapté à tout ce que nous avons pu écrire sur les objets physiques. Sans support matériel, une personne renonce à la propriété de sa production intellectuelle au moment même où elle la partage avec une audience. Cette dernière va en effet pouvoir s’en emparer, l’assimiler, et lui faire prendre un sens et une orientation subjective qui dénatureront l’œuvre originale. L’œuvre originale n’aura donc existé que fugitivement et ne saurait être vendue, troquée, ou placée sur un rebord de cheminée. Son appartenance n’est que virtuelle, liée à son émetteur. En reconnaissance de cette prestation, l’audience pourra donner de l’argent, mais il n’y aura au final pas eu transmission d’une propriété. Dans ce contexte, il est donc difficile de reconnaître l’existence d’une propriété quelle qu’elle soit.
Avec support matériel

Le temps voit l’évolution des technologies, et avec celles-ci il est rapidement devenu possible de fixer sur des supports ce qui n’était par essence que spirituel. Dans un premier temps, les pensées des auteurs ont pu être retranscrites sur des livres, puis les créations de musiciens sur des disques, et ainsi de suite. L’immatérialité a finalement été associée à un support physique, et naturellement toutes ces oeuvres une fois “fixées” ont suivi le même processus que des objets matériels plus conventionnels tels que des tables, des bibelots ou des pièces de viandes. L’artiste devient finalement artisan, et peut céder sa propriété à des personnes tierces.
Le cas des brevets

Il existe cependant une situation plus complexe, qui est celle de la découverte scientifique. Le processus classique est celui d’un chercheur, qui après un certain temps va pouvoir faire une découverte. Cette découverte pourra alors avoir différentes applications, qui pourront devenir des sources de revenu. Est-il possible de décréter qu’une découverte est la propriété d’une personne, alors même que ce mot signifie bien que l’on a “trouvé” quelque chose, qui existait donc avant l’intervention du chercheur ? Cela paraît plutôt tendancieux. Ce raisonnement s’applique à l’univers pharmaceutique par exemple, mais est moins pertinent dans le cas des sciences informatiques. Dans celles-ci, il est plus difficile de parler de découverte, car l’informatique est plutôt l’art de combiner des connaissances pour en créer de nouvelles. Tacitement, il serait donc de bon goût de laisser ces nouvelles combinaisons disponibles à tous pour augmenter l’échelle des possibles. Et pourtant, ces différentes ressources sont brevetables[1] : l’attitude protectionniste a été préférée pour permettre de monétiser au maximum les découvertes.

Le droit de propriété à l’heure du numérique
Enjeux

L’industrie culturelle a introduit la propriété intellectuelle avec succès au cours du siècle dernier imitant l’industrie “technologique”. Tout ce système fonctionne donc depuis des dizaines d’années, sans qu’il n’ait été véritablement remis en question. Seulement, nous entrons aujourd’hui dans une Ère qui est basé sur deux concepts fondamentaux :

Une société du numérique, Une société en réseau


Ces deux concepts sont porteurs de nombreux changements, absolument déterminants.

Numérique

Une société numérique, c’est une société dans laquelle presque tout peut se retrouver sous format informatique, et être visualisé, écouté, observé, manipulé, modifié à l’aide d’un ordinateur. Cela signifie que tout objet peut évoluer au fur et à mesure de sa manipulation par différentes personnes, recouvrir diverses formes, et exister à un même instant sous quantité de formes différentes.

Réseau

Une société en réseau, c’est une société de communication, dans laquelle tout le monde est en contact avec n’importe qui dans le monde instantanément. N’importe quel être humain a à sa disposition les moyens pour rendre des contenus disponibles au monde entier, et ceux qui le désirent peuvent partager toutes formes d’informations à travers le réseau. Ces deux concepts rendent obsolètes nombre d’habitudes et pratiques de notre société, et c’est pourquoi nous pouvons considérer que nous sommes dans une période de mutation et d’adaptation à cet état de faits. Nous allons voir ensemble quelles en sont les répercussions sur la propriété intellectuelle.

Artistique

Nous avons vu qu’il était envisageable de transférer les principes de la propriété matérielle à la propriété intellectuelle dans le cadre d’activités culturelles ou artistiques, à l’aide de supports physiques. Seulement, dans notre société, la frontière s’efface entre physique et numérique : un disque physique va pouvoir être utilisé pour en extraire la musique qui deviendra alors un objet manipulable, modifiable, que chacun peut interpréter à sa guise. Cette situation rejoint alors presque celle d’un concert, où chaque auditeur va pouvoir recevoir la musique et l’interpréter dans son référentiel, si ce n’est que nous sommes ici en présence d’un objet certes numérique, mais partageable à l’infini. Il est alors évident que le raisonnement ne peut plus se faire comme si l’on vendait des sacs de pommes de terre. Nous sommes bien évidemment face à un artiste qui doit avoir certains droits sur sa production intellectuelle, et qui doit pouvoir en tirer un certain bénéfice financier, mais le fonctionnement actuel n’est pas satisfaisant. Utiliser des DRM[2], ou légiférer tel que le fait l’État français en ce moment, c’est aller contre la mutation d’une société entière. Au contraire, les Majors comme les états doivent accompagner cette mutation pour qu’elle se déroule dans les meilleures conditions, et assurer que consommateurs comme créateurs culturels ne soient pas lésés.

Technologique

Dans le cadre du monde technologique, la problématique est légèrement différente. La plupart des personnes qui cherchent à protéger leurs droits vont utiliser le brevet. La question du brevet est assez délicate, puisqu’il est aisé pour certaines industries d’en défendre la légitimité. Pour reprendre l’exemple de l’industrie pharmaceutique, des fonds très importants sont soulevés pour faire de la recherche, et aboutir à des découvertes qui seront commercialisables. Dans ces conditions, on pourrait penser qu’il est normal que cette découverte soit protégée pour que l’entreprise puisse rentabiliser son investissement. Seulement, cette utilisation est finalement une dérive : le brevet devait à l’origine donner envie d’innover, provoquer l’innovation, en protégeant les personnes à l’origine de ces innovations. Finalement, cet outil protectionniste est devenu une manière d’isoler les entreprises économiquement : un outil de blocage. Pire encore, il a été déterminé qu’il était impossible de trouver une corrélation entre les brevets et la quantité d’innovation. En quelque sorte, le brevet serait inefficace[3]. A l’heure d’une société du numérique en réseau, il est sans doute encore de temps de reconsidérer ces pratiques, pour les orienter vers l’utilisation du formidable potentiel de notre société moderne. Au lieu de protéger jalousement toute découverte, il pourrait être fort intéressant de partager un grand nombre de connaissances, de les faire circuler pour permettre à tous de les réutiliser, mais surtout de s’appuyer sur elles pour aller encore plus loin. Si tout le monde joue le jeu, tout le monde peut en sortir gagnant… mais ces pistes ne sont certainement pas en phase avec le fonctionnement actuel des multinationales.

Changer
Enjeux

Comme nous l’avons vu ensemble, nous sommes en train de vivre une période charnière. Alors que notre modèle économique est un modèle global, utilisé par des de gigantesques multinationales avec une énorme inertie, un grand décalage est en train de se créer entre ces mastodontes et la réactivité d’une société qui a commencé à pénétrer une nouvelle Ère, celle du numérique en réseau. Cette société est souple, énergique, et peut réagir en masse à n’importe quelle situation très rapidement car elle est très connectée. Peu à peu, un transfert de pouvoir est en train de se faire depuis l’industrie vers cette société. L’ancien modèle est inadapté à cette société en évolution, et si les États et industries ne réagissent pas rapidement, la société trouvera elle même ses voies et solutions. De nombreuses initiatives spontanées ont déjà vu le jour, desquelles il serait possible de s’inspirer.

Nouveaux modèles
Logiciel

En terme de propriété intellectuelle, l’innovation est venue de l’informatique. Cet univers a été le premier à décréter qu’une production pouvait être libre, utilisable par tous, mais avec un aspect fondamental : la paternité[4]. Celle-ci doit toujours apparaître et être reconnue. L’auteur peut ensuite faire preuve de subtilités, et utiliser des licences adaptées selon la liberté qu’il veut laisser aux utilisateurs. Cette approche innovante a donné lieu à la création de technologies utilisées partout dans le monde[5], mais surtout, et c’est essentiel, à une véritable activité économique ! Que ce soit en développement, en formation, en conseil, en installation, cette approche est parfaitement viable économiquement et cela a maintenant été démontré à grande échelle par la pratique.
Artistique & créatif

Ce modèle issu de l’informatique est maintenant également appliqué à tous types de contenus : images, sons, vidéos, textes grâce aux Creative Commons. Ces derniers sont maintenant largement utilisés sur des sites de partage, et permettent de diffuser un contenu en s’assurant un contrôle sur son utilisation et la paternité. Par ailleurs, des initiatives ont éclos pour proposer de manière plus accessible, souple, personnalisée des contenus musicaux et vidéo sous licences[6], ou bien pour seulement les consulter sans les télécharger[7]. Des groupements se sont constitués pour financer des artistes loin des pratiques des Majors, sur des sites communautaires[8].

Industriel

Dans le monde industriel, les initiatives allant dans ce sens sont encore rares. Dans le monde culturel, quelques plate-formes de téléchargement sans DRM comme le Itunes Store sont apparues, mais elles ont de grandes difficultés à traiter avec les Majors. Dans le monde technologique, nous avons vu apparaître en quelques lieux une économie en cluster, dans laquelle différentes entreprises collaborent, communiquent et échangent : nous pouvons par exemple l’observer dans la Sillicon Valley. Cette forme d’économie reste cependant encore une exception, peu répandue.
Conclusions

La question de la propriété intellectuelle est absolument déterminante, et doit provoquer un mouvement qui associe aussi bien les citoyens que l’Etat et les industriels. Des propositions prometteuses ont été engagées et testées, il est temps de les adapter à l’échelle industrielle ! L’important est de considérer que la propriété au sens restrictif du terme n’est pas toujours la solution la plus pérenne. Autant le désir de voir sa paternité reconnue est légitime est doit être respecté, autant la soif de propriété (intellectuelle) est un frein au partage, à l’évolution et finalement à l’innovation.
Notes

[1] Le brevet logiciel n’existe pas en Europe

[2] Digital Rights Management

[3] Encore plus négative, une étude démontre “l’existence d’une corrélation entre l’extension du brevet dans le domaine du logiciel et la baisse de l’innovation dans ce même secteur”. Vous pourrez la lire à l’adresse suivante : http://www.cgm.org/rapports/brevet.pdf

[4] Licence Berkeley Software Distribution

[5] Les plus connues étant sans doute Linux, Open Office, Firefox

[6] Nous penserons par exemple au succès de l’Itune Store après l’abandon des DRM

[7] http://www.deezer.com par exemple

[8] http://www.mymajorcompany.com/, http://www.spidart.com/

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L’abrutissement du citoyen, ou comment donner les pleins pouvoirs à l’État

Bien que n’ayant pas écrit depuis un bout de temps sur ce blog, par manque de temps, je ne puis que reprendre mon clavier à deux mains face à cette stupéfiante nouvelle : Luc Châtel souhaite rendre optionnelle l’étude de l’histoire-géographie en terminale S…

L’histoire-géo, optionnelle pour de jeunes garçons et jeunes filles, sous seul prétexte qu’ils se destinent à une carrière scientifique. Je suis absolument révolté par cette idée, et ce à plusieurs titres. Cette réforme me semble absolument gravissime, et je pèse malheureusement mes mots.

En premier lieu, j’ai moi-même fait une école d’ingénieur, et j’ai pu mesurer le grand mépris que pouvait avoir une partie des étudiants pour ce qu’on appelle les sciences molles : langues vivantes, sociologie, histoire, culture générale… dans une société de spécialistes, ils semblent qu’on apprennent aux jeunes à considérer qu’il ne suffit de briller que dans un seul domaine, d’exceller dans un champs particulier pour pouvoir accomplir le travail à laquelle la société nous destine.

Déjà, aujourd’hui, nous pouvons constater un grand appauvrissement de la culture « non-scientifique » des étudiants dans les domaines scientifiques. Hier, on ne concevait pas un ingénieur ou un chercheur qui n’ait pas étudié de langue morte, qui n’ai pas une connaissance approfondi de son histoire, et une maîtrise parfaite de sa propre langue.

C’était hier… depuis, par je ne sais quel mécanisme insidieux que je serais bien en peine d’analyser, cette culture du scientifique « complet » a disparu. Cette situation, que je juge grave, devrait être une problématique de l’Éducation nationale… qui juge au contraire, via son ministre, qu’il faut aller plus loin dans l’abrutissement des scientifiques.

Si cette politique me révolte, c’est pour deux raisons essentielles :

  • Un scientifique sans culture représente potentiellement un grave danger
  • Un scientifique sans culture est manipulable

Je me permets de citer Rabelais, qui s’était fendue d’une phrase pleine de bon sens : « Sciences sans conscience n’est que ruine de l’âme« .

Comment un scientifique peut-il être doté d’une morale, d’une éthique, d’un recul sur son histoire et le contexte social dans lequel il évolue si on fait de lui un spécialiste aveugle ? Priver le scientifique d’une éducation complète, priver le scientifique d’une ouverture sur les sciences molles, c’est lui mettre des œillères.

Dans ces conditions, comment pourra-t’il dire non ? Comment pourra-t’il juger qu’il va trop loin ? Comment pourra-t’il juger qu’on lui demande de cautionner la haine, l’horreur ou je ne sais quel noir dessein ?

Il ne le pourra pas.

Non seulement le scientifique sera devenu un spécialiste soumis, mais pire encore : il sera devenu un citoyen endormi. Il sera incapable d’interpréter son environnement de recherche, son environnement social, son environnement politique parce qu’on l’aura privé de l’éducation qui l’aurait permis.

Je fais un constat : notre société, encouragée par ses politiques, tend de plus en plus à spécialiser ses jeunes. C’est dangereux. Cette mesure n’est qu’une petite brique de plus pour former un mur entre les citoyens et leur pouvoir de rébellion : une population qui n’est pas éduquée est une population soumise. Jusqu’ici, nous fermions les yeux lorsque cela concernait nos ouvriers, jugeant sans doute cela « normal ».

Aujourd’hui, ce mal a progressé, et atteint maintenant les classes sociales supérieures : il est plus que temps de s’inquiéter pour notre démocratie.

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